Ce que la Wallonie a appris en vingt-cinq ans
Il y a vingt-cinq ans, la Wallonie n’avait pas d’industrie audiovisuelle structurée. Le talent, lui, ne manquait pas : la Belgique avait déjà donné de grands noms, de Chantal Akerman à André Delvaux, et ses écoles formaient des cinéastes, y compris venus de France. Mais une fois reconnus, beaucoup partaient travailler à l’étranger, souvent vers Paris. Rien ne retenait l’activité sur le territoire.
Le tournant est venu par étapes. Longtemps, seul existait le soutien culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Après la Palme d’or de Rosetta, des frères Dardenne, en 1999, le gouvernement wallon crée Wallimage : un premier incitant fondé sur des critères économiques, qui investit de l’argent public dans des films en échange de dépenses réalisées sur le territoire. En parallèle se structurent les bureaux d’accueil des tournages. L’incitant décisif viendra en 2004, avec le Tax Shelter, mécanisme fiscal fédéral qui lève aujourd’hui entre 150 et 200 millions d’euros par an pour la production.
En 2018, les bureaux d’accueil des tournages rejoignent Wallimage, qui réunit désormais quatre pôles : Coproductions, Entreprises, Tournages et, plus récemment, Gaming. C’est l’ensemble de ces facteurs, patiemment articulés, qui a fait d’une région sans industrie l’un des acteurs solides de la coproduction européenne.